Au commencement était la paroisse de Notre-Dame
Disons-le sans détour : sans la générosité de la paroisse Notre-Dame de Lausanne, Saint-Joseph n’aurait jamais vu le jour. En effet, le curé Joseph Mauvais pousse le conseil de paroisse d’acheter, le 2 juin 1930, un terrain entre l’avenue de Morges et le chemin de Renens, d’une superficie de 19’810 mètres carrés. L’opération coûtera 375’000 CHF.
Le premier coup de pioche fut donné le 21 octobre 1936 et la première pierre fut bénite le 15 novembre de la même année, par Mgr Besson. Puis, dès que le bâtiment fut achevé, on le bénit le 6 juin 1937.
Naissance des églises de Prilly et Boisy
Cependant, on constate rapidement la nécessité de construire des églises pour les quartiers les plus éloignés de l’ouest lausannois, qui sont en pleine expansion, c’est-à-dire Prilly et Boisy. Malheureusement, pour faire face aux frais de construction de ces nouvelles églises, Saint-Joseph n’a d’autre choix que de vendre plusieurs parcelles de son beau parc. À ce propos, le curé de l’époque aimera à répéter : « Notre paroisse est restée pauvre, comme l’atelier de Nazareth, pour permettre à ses 2 paroisses-filles d’avoir aussi une maison pour le Seigneur. »
Difficultés rencontrées par la paroisse de St-Joseph
À l’époque, quand la paroisse de Saint-Joseph voit le jour, nous sommes encore bien loin du concile Vatican 2 et les prêtres sont les seuls à porter les responsabilités de la pastorale. En conséquence, le curé Jacques Haas, assisté de l’abbé Jean-Bernard Matthey et du vicaire E. Haefliger, n’hésitent pas à se déplacer pour rendre visite à des familles de fidèles, et cela par tous les temps, à pied, à vélo ou à moto. Toutefois, malgré la richesse de cet apostolat, le temps leur manque pour rencontrer tous les paroissiens. Mais surtout, ces visites font prendre conscience à nos prêtres d’une diminution de la foi dans de trop nombreux foyers. Ce problème, d’ailleurs, s’étend à toute la Suisse, et même à toute l’Europe, puisque d’après des statistiques renouvelées chaque année, le nombre de confessions et de communions baisse drastiquement.
La fameuse innovation de l’abbé Jacques Haas
Pour toutes ces raisons, l’abbé Jacques Haas commence en 1937 ses émissions à la radio, afin d’être le plus proche possible des croyants, dans l’intimité de leur foyer. D’ailleurs, son innovation rencontrera un tel succès qu’il devra abandonner sa paroisse pour assurer d’importants reportages pour la radio et la télévision suisses. Sa compétence sera même reconnue du conseil fédéral qui, en 1953, le nommera membre du comité de Télévision.
Quand la Seconde Guerre mondiale éclate
Un autre événement marquant pour notre paroisse fut la Seconde Guerre mondiale. Et bien qu’il est mondialement connu que la Suisse fut épargnée de tout conflit armé, il n’en demeure pas moins que les Suisses furent soumis au rationnement et que les hommes, dont l’abbé Haefliger, furent appelés au service militaire. Face à la souffrance des familles les plus démunies, notre clergé, bien que fortement réduit, s’activa du mieux qu’il put pour leur procurer du charbon et des pommes de terre. Pour aider les 2 prêtres restants, le chanoine Rageth, de l’abbaye de Saint-Maurice, venait chaque dimanche à Prélaz.
La paroisse de St-Joseph et ses jeunes
La paroisse de Saint-Joseph, aujourd’hui comme hier, a toujours été un centre névralgique de la jeunesse catholique. Rien que durant le congrès JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) à Genève, le 6 septembre 1936, le JOCF de Prélaz veut reconquérir les cœurs de leurs camarades du monde ouvrier selon leur idéal : « Nous referons chrétiens nos frères. » Ensuite, le meeting JOC du 18 avril 1937 au casino de Montbenon fut, selon la formule d’un journal local, « non pas un succès, mais un triomphe ». Mais ce n’est pas tout. Bientôt, on assistera à la fondation d’un groupe scout qui, dans la paroisse, exercera une influence considérable. Puis est instaurée une messe des jeunes, chaque premier dimanche du mois. Mais surtout, la paroisse ouvrira une école catholique en 1956.
2 classes pour 40 élèves s’ouvrent à Pâques et suivront le degré inférieur primaire. La direction en est confiée à sœur Jean Bosco. Le but de l’école est d’offrir aux parents qui le désirent, et sans condition préalable d’un écolage obligatoire, une instruction scolaire et religieuse à leurs enfants.
En 1958, soit après 2 ans d’activité seulement, le nombre total des élèves atteint la centaine. Le succès est tel qu’on ouvre 3 classes primaires.
Loger 5 classes – 2 enfantines et 3 primaires – dans 3 locaux disponibles tient de la gageure. Heureusement que s’offre une opportunité : l’achat d’un baraquement désaffecté qui abritait les bureaux des chantiers de la Grande Dixence pour 4800 CHF. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes travaillent bénévolement pour l’installation de notre pavillon scolaire dans le parc de Prélaz. Ces travaux coûteront 50’000 CHF, sans compter 2000 heures de travail accomplies gratuitement. L’inauguration aura lieu le 8 novembre 1964.
Toutefois, peu à peu, en raison des difficultés financières et de recrutement du corps enseignant, on devra fermer les classes les unes après les autres. Les 2 dernières classes enfantines fermeront à la fin de 1978. Ainsi notre école aura vécu 22 années de soucis, mais aussi de joie profonde, car nous avons pu donner une orientation, un sens de la vie et une soif de connaître l’amour de Jésus à de nombreux jeunes, aujourd’hui adultes.
Conclusion
Voilà, nous pensons avoir évoqué les événements les plus marquants de cette paroisse à l’histoire si riche qu’est Saint-Joseph. Nous nous excusons d’avance pour tous les prêtres et les laïcs que nous n’avons pas cités, mais qui, chacun à leur manière, ont marqué l’histoire de la paroisse. Sans eux elle ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.
